samedi 17 octobre 2009
Charles Baudelaire...
Elévation
Au-dessus des étangs, au dessus des vallées
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
mardi 2 juin 2009
Paul Verlaine.....
Il pleure dans mon
coeur
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
dimanche 17 mai 2009
Jacques Prevert.....
On ne fait jamais d’erreur sans se tromper.
lundi 4 mai 2009
les filles du botaniste...
Réalisateur :Dai Sijie
Acteurs principaux : Mylène Jampanoï, Xiaoran Li, Wang Weidong
Min, une jeune
orpheline, part faire ses études chez un botaniste de renom. Homme
secret et père autoritaire, son professeur vit sur une île qu'il a
transformée en jardin luxuriant. Contrainte de partager cette vie
solitaire et effacée, sa fille An accueille avec joie l'arrivée de
l'étudiante. Très vite complices, les deux jeunes femmes voient leur
amitié évoluer vers une attraction troublante, sensuelle et interdite.
Incapables de se séparer, Min et An imaginent bientôt un dangereux arrangement pour continuer à partager le même toit...









vendredi 24 avril 2009
Charles Baudelaire...
Le chat
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ; Lorsque mes doigts caressent à loisir Je vois ma femme en esprit. Son regard, Et, des pieds jusques à la tête, Charles Baudelaire
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.
jeudi 16 avril 2009
Oscar Wilde
Chaque effet que vous produisez vous donne un ennemi de plus. Pour être populaire, il faut être médiocre.
mercredi 15 avril 2009
Les nuits fauves....
Réalisateur : Cyril Collard
Acteurs principaux : Cyril Collard, Romane Bohringer, Carlos Lopez, Claude Winter
Jean a 30 ans. Il vit avec Laura 17 ans, une histoire d'amour violente et mouvementée. Il se jette dans la vie sans savoir choisir et sans savoir dire non. Il s'est brûlé les ailes : il est séropositif. La passion romantique de Laura, et cette menace qui pèse sur lui l'ouvrent au monde et aux autres. Il apprend à aimer. Un hymne à la vie et à ceux qui la dévorent...
samedi 11 avril 2009
Charles Baudelaire......
Au Lecteur
La sottise, l'erreur, le péche, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
Serré, fourmillant comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde.
C'est l'Ennui!- L'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère!
Charles Baudelaire
mardi 7 avril 2009
Anne Gavalda
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences...
mercredi 1 avril 2009
Charles Baudelaire......
Les Fenêtres
Celui qui regarde
du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que
celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus
mystérieux, plus profond, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant, qu'une
fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours
moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou
lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. Par delà des vagues de toits,
j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque
chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son
geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa
légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Si c'eût été
un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément. Et je me
couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même. Peut-être me
direz-vous : "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ?" Qu'importe
ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à
sentir que je suis et ce que je suis ?













